Ce qu'on découvre en ouvrant
Une maison ancienne cache toujours quelque chose
En rénovation électrique de maison ancienne, l'installation en place a souvent été reprise trois ou quatre fois par des mains différentes. On trouve des épissures torsadées derrière une plinthe, des conducteurs en coton ou des dérivations noyées dans le plâtre. Parfois, une ligne reste alimentée sans que personne sache où elle va.
C'est pour ça que je ne chiffre jamais ce type de chantier sans être venu. Un devis établi sur plan, dans une maison de deux cents ans, est une promesse qu'on ne peut pas tenir.
C’est aussi pour cela que je préfère prévoir une marge dès le départ. Une rallonge en cours de chantier coûte cher, en argent comme en confiance.
Les contraintes du bâti
Pierre, terre crue, pisé : ce que chaque mur impose
La pierre. On ne saigne pas une pierre, on passe dans les joints. Le rebouchage se fait à l'enduit chaux, jamais au ciment, qui empêche le mur de respirer et finit par le dégrader. Retrouver la teinte est la partie délicate.
Le pisé et la terre crue. Très sensibles à l'humidité et peu tolérants aux percements profonds. Les cheminements se contournent plutôt qu'ils ne se forcent, quitte à allonger le parcours.
Les planchers bois. Ils offrent souvent la meilleure solution : passer dessous plutôt que dans le mur. Encore faut-il connaître le sens des solives et ne jamais entailler une pièce de structure.
Les cloisons ajoutées. Elles sont rarement d'équerre, et c'est là qu'on gagne du temps : quand une cloison récente longe un mur ancien, la ligne y passe sans toucher à la pierre.